Spiruline Biologique, écologique, locale, certifiée ou labellisée : comment faire son choix ?

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi les 200 producteurs de spiruline français n’étaient pas titulaires du label AB pour leur production ? Pensez-vous que la spiruline importée labellisée AB est forcément plus écologique que la spiruline Ecocert ou paysanne produite en France ? Nous proposons ici un éclairage basé sur les faits, avec les informations publiquement disponibles, à jour en Février 2020.


En matière d’écologie rien n’est simple, et le problème qui se pose ici ne l’est pas moins. Il faut rentrer dans le détail pour bien comprendre. Mais vous êtes un consommateur curieux et engagé ! Citoyen du 21e siècle, vous savez faire la différence entre un article de fond et un discours commercial qui effleure à peine la surface. Et puis finalement, ça vous intéresse vraiment de savoir ce que vous mettez dans votre assiette, non ?


Vous êtes encore avec nous ? Alors attachez vos ceintures, nettoyez vos lunettes, et prenez une grande inspiration. Bienvenue dans l’univers tortueux de la législation écologique mondiale !

Spiruline biologique française, le paradoxe européen 

Premier scoop : Il n’existe pas de cahier des charges bio européen pour la spiruline !


Et le problème commence ici. Le label AB européen peut être obtenu par un producteur français s’il répond au cahier des charges européen pour la culture des algues marines . Le hic ? La spiruline n’est ni marine, ni une algue. Elle est une cyanobactérie d’eau saumâtre, et à ce titre elle n’appartient pas au règne végétal. Le cahier des charges qui est imposé aux producteurs ne correspond pas à la biologie de cette espèce, en particulier sur un point précis : la nourriture en azote (de symbole N en chimie).


Explique nous tout mon Jamy !


Pour croître ou se multiplier, les végétaux supérieurs mais aussi les algues et microalgues - qui sont en fait des végétaux aquatiques – ont besoin de nutriments parmi lesquels l’azote est le principal. Les mains vertes connaissent bien les formulations d’engrais que l’on apporte à nos plantes, à base de NPK (N-azote, P-phosphore, K-potassium). Les végétaux et microalgues consomment préférentiellement l’azote sous sa forme de nitrate, de formule NO3. Cela vous le saviez déjà, puisque l’on connaît bien la problématique des « marées vertes » en bretagne, liée à des efflorescences d’algues et microalgues qui se multiplient au large des côtes quand la température est favorable, mais surtout à cause des rejets de nitrates qu’occasionnent notamment l’agriculture et l’élevage « modernes ».


Or, la spiruline étant plutôt bactérie que plante, elle consomme préférentiellement l’azote sous sa forme ammoniacale, ou NH4/NH3. La différence est plus que notable, puisque l’ion ammonium se trouve quasi-exclusivement dans des produits et sous-produits d’origine animale, et non végétale.


Par des procédés de synthèse, on peut produire de l’ammonium à partir de l’azote contenu dans l’air. L’urée ainsi obtenue contient 46% d’azote sous sa forme NH4, et est utilisée dans de nombreuses activités agricoles et d’élevage .


A l’état naturel, on trouve également l’ammonium dans les excréments et urines animales, ou les végétaux fermentés. Par des procédés simples, on peut donc recycler l’azote naturellement produit par les animaux ou les plantes. Les procédés existants permettent d’extraire l’azote par une forme de distillation, comme on extrait l’alcool d’une fermentation de canne à sucre avec un alambic. Plusieurs étapes de purification et d’analyses assurent que le produit obtenu est pur et sain. 


Cette technique est pour le coup réellement écologique puisqu’elle produit une ressource à partir de déchets organiques, notamment les fumiers d’élevages, qui sont pour partie responsables (on vient de le voir !) des marées vertes en bretagne…

Quel est donc le souci ?

Nous y sommes, restez avec nous ! Le souci est que le cahier des charges européen actuel interdit l’introduction d’azote extrait de sources animales ou produit par des procédés de synthèse (l’urée) dans la culture. Cela est certes pertinent pour l’urée et pour la culture d’algues marines, mais pas pertinent pour la spiruline qui peut consommer l’ammonium quelle que soit son origine


L’agriculture biologique a pour principale raison d’être le respect de l’environnement, mais également le respect de la biologie et du bien-être de l’espèce cultivée ou élevée.


Les spiruliniers français refusent d’utiliser des fertilisants qui ne respectent pas le métabolisme de la spiruline ou ne garantissent pas la stabilité de la culture, au risque de perdre des marchés en l’absence de labellisation AB. C’est le principal nœud du problème aujourd’hui.

Pourquoi le référentiel privé Ecocert nous apparaît plus pertinent à ce jour ?

Régulièrement le secteur privé est en avance d’un temps sur le public, et le cas de la spiruline ne fait pas figure d’exception. En France, le groupe Ecocert , un organisme de contrôle et de certification, a visiblement compris la problématique, et a construit son cahier des charges privé spécifique à la culture de microalgues d’eau douce ou saumâtre terrestre. La spiruline n’est toujours pas une microalgue, mais le progrès est notable !


Plus sérieusement, ce référentiel respecte scrupuleusement le règlement européen pour l’ensemble des dispositions en faveur de la culture biologique. On peut noter deux divergences.


D’abord le raccourcissement de la période de conversion du producteur - 3 mois chez Ecocert au lieu de 6 mois en AB - ce qui est pertinent concernant la spiruline car le cycle d’utilisation des nutriments est plus rapide pour la spiruline dans l’eau que pour les végétaux supérieurs qui puisent dans la terre.


Deuxième divergence, Ecocert a simplement prévu d’autoriser les extraits de digestas de méthanisation comme celui que nous utilisons pour produire notre spiruline, mais cela fait toute la différence. Pour encadrer cette utilisation, seuls les producteurs d’azote ammoniacal qui ont été contrôlés par Ecocert peuvent proposer cette nourriture aux spiruliniers.


Notre fertilisant est obtenu de manière écologique. Il est ultra-filtré pour éliminer toute impureté résiduelle et analysé avant son conditionnement en cuve. C’est un liquide translucide et quasi inodore, et notre spiruline en culture en redemande, ce qui est pour nous l’essentiel en réalité.


Allons plus loin voulez-vous ? Il reste une question à élucider…

Mais alors comment les producteurs étrangers parviennent-ils à obtenir le label AB européen pour leur production de spiruline ?

Cela dépend des pays dont elle provient. C’est tout le problème en réalité. La spiruline AB qui vous est proposée en France vient principalement des Etats-Unis, de Chine, d’Inde ou d’Equateur. Prenons deux exemples pour bien comprendre le processus d’obtention du label AB européen pour ces spirulines.

L’incohérence du système d’équivalence des règlements biologiques

Un accord d’équivalence entre le label USDA Organic et le label AB a été signé en 2012 et permet à toutes les spirulines en provenance des USA d’obtenir automatiquement le label AB pourvu qu’elles répondent au cahier des charges du National Organic Program (NOP) américain.


Et que demande ce cahier des charges biologique américain pour la spiruline ? La réponse est : Pas grand-chose…


Pire, il n’y a aucune spécification pour les microalgues, pas même pour les algues. En fait, la spiruline est incluse dans l’univers des productions agricoles, et à ce titre, répond à un cahier des charges NOP généreusement large dans l’éventail des possibilités offertes aux producteurs pour le choix de leurs apports en azote.


Nous ne sommes pas jaloux, mais le jeu d’équivalence induit donc un déséquilibre dans les contraintes comme dans les possibilités offertes aux producteurs de faire reconnaître le caractère écologique de leurs pratiques.

Deuxième exemple : Le cas des pays sans accord officiel d’équivalence


Dans le cas où l’UE n’a pas explicitement signé un accord d’équivalence entre les cahiers des charges, la responsabilité de dire si Oui ou Non une spiruline est digne d’obtenir le label AB est déléguée aux organismes certificateurs agréés , dont Ecocert fait partie. Le hic ici ? Aucun, pourvu qu’on ait parfaitement confiance en la capacité de l’organisme à effectuer son audit de la même manière que celui pratiqué sur notre territoire.


Par ailleurs l’UE prévoit que dans les pays en développement au sens de l’OCDE , et afin que le développement de ces pays ne soit pas limité par des barrières procédurales, les contrôles d’équivalence peuvent être effectués par un tiers national , et que l’effectivité du contrôle soit validée par un organisme certificateur agréé. Cette liste de pays en développement comprend notamment la Chine, l’Inde et l’Equateur…


Se pose ici la question de l’efficacité des contrôles et de leur pertinence. Comment sont-ils effectués, quels documents sont demandés, comment les fertilisants utilisés sont-ils contrôlés ? La réglementation UE précise toutefois que les fermes pouvant financer un contrôle externe doivent être contrôlées directement par un organisme certificateur agréé une fois par an.


Face à ces zones grises concernant le contenu des cahiers des charges et la légitimité des contrôles, nous pensons qu’il est important de revenir à une question essentielle, et pour laquelle le commun des mortels peut répondre.

Comment évaluer le caractère biologique d’une production de spiruline par rapport à une autre ?

Loin de nous l’idée de jeter la pierre à nos collègues du monde qui font certainement de leur mieux, nous jugeons en revanche étonnant que des critères objectifs du caractère écologique d’une production de spiruline ne soient pas établis communément pour tous les pays qui la produisent.


Au-delà de cette question de l’intrant, la question de l’impact environnemental est capitale dans le cadre d’une activité agricole qui se veut "biologique".


Les producteurs européens sont par exemple tenus de réaliser une étude d’impact pour leur exploitation, et doivent pouvoir démontrer que leur activité n’est pas source de pollution pour l’environnement direct de la ferme. La réglementation américaine est beaucoup plus évasive sur le sujet, évoquant le principe que l’activité agricole doit «maintenir ou améliorer les ressources naturelles ».


Sur la question de l’énergie, le cahier des charges Ecocert exige que l’exploitation soit équipée d’une source d’énergie renouvelable au plus tard dans les 5 années suivant le premier audit. La réglementation américaine n’en fait pas mention, et nous n’avons rien trouvé pour les autres pays.


La qualité de l’eau utilisée sur la ferme est capitale en production de spiruline. Le contenu cellulaire de notre cyanobactérie en dépend directement, car la spiruline peut capter un grand nombre de polluants chimiques (métaux lourds, pesticides) s’ils sont présents dans l’eau de culture.


Sur ce plan, aucun critère n’est fixé par aucune réglementation hors UE, sauf à rappeler que la réglementation locale doit être respectée sur la qualité de l’eau, et que les concentrations en éléments chimiques dans l’eau rejetée ne doivent pas être supérieures à celles présentes dans l’eau reçue par l’exploitation. Nous avons au moins la chance d’habiter un pays qui applique une réglementation stricte et exigeante.

Cher consomm’acteur, peu importe le label !

 Prenez une heure de votre temps, rendez visite à votre producteur local, et jugez par vous-même !

Vous pourrez ainsi vous-même juger du caractère écologique de ses pratiques, et vous rendre compte s’il est digne ou non de votre confiance et de votre acte d’achat. La production de spiruline est certainement une des cultures les moins gourmandes en ressources et elle ne produit pas de déchet si l’exploitation est correctement gérée.

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